Immolations au Tibet – La Honte du monde, Tsering Woeser

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Immolations au Tibet,  La Honte du monde,  Tsering Woeser

Editions Indigène, octobre 2013

Le livre est une tentative de Tsering Woeser, qui vit sous surveillance à Pékin, mais possède un vaste réseau de contacts dans les régions tibétaines, de déterminer la raison profonde pour laquelle au moins 120 Tibétains se sont immolés par le feu au cours de ces dernières années.

Le 17 octobre, l’Agence France Presse cite des extraits du livre : « Les grèves de la faim sont une méthode de protestation universellement acceptée et respectée, tandis que l’auto-immolation est souvent ignorée, parce que de telles souffrances dépassent les limites de ce que la plupart des gens peuvent concevoir, même dans leur imagination« . « L’auto-immolation est la chose la plus frappante que ces manifestants isolés peuvent faire, tout en respectant des principes de non–violence« .

Le livre décrit les régions tibétaines de la République populaire de Chine comme une « prison géante sillonnée par des soldats armés et des véhicules blindés« .

Les raisons cachées derrière les protestations, dit l’auteure, sont diverses : les autorités arrêtant des gens pour avoir regardé des vidéos des enseignements du Dalaï Lama, des nomades forcés de quitter leurs terres de pâturage pour faire place à des mines et des barrages, des caméras de surveillance dans les monastères, et beaucoup d’autres choses.

Elle souligne que les manifestants s’étant immolés n’appartenaient pas à un groupe particulier, mais viennent de tous horizons et notamment, en plus des moines et des nonnes, « deux écolières, trois étudiants, trois ouvriers, quatre commerçants, un charpentier, un blogueur, un artiste réalisant des Tangkas (peinture tibétaine traditionnelle), un chauffeur de taxi, un ancien fonctionnaire du Parti communiste« .

Tsering Woeser, de descendance à la fois tibétaine et chinoise, est très connue parmi les Tibétains pour son blog – traduit en anglais sur highpeakspureearth.com - ainsi que pour ses poèmes et essais. Elle a été pendant des années sous surveillance policière intense mais a jusqu’ici été relativement libre de se déplacer à travers le pays. Cependant, elle sent « qu’écrire ce genre de livre… est certainement dangereux. Mais je ne sais pas encore à quel point« .
« Je suis étroitement surveillée tous les jours, 24 heures par jour« , dit-elle, soulignant que trois à quatre voitures de policiers en civil sont garées en face de chez elle quotidiennement, une caméra installée sur le toit de son appartement, et des agents de sécurité la suivant à chaque déplacement.

Source : Tibetan Review, 18 octobre 2013.